Santé et sécurité au travail : prévenir les risques dans l’agriculture et le bâtiment
Agriculture et bâtiment ont un point commun : les salariés y sont exposés à de nombreux risques professionnels. Manutentions, travail en hauteur, machines et engins, déplacements, gestes répétitifs, postures contraignantes, bruit, poussières, conditions climatiques… Les situations à risque sont nombreuses et varient selon les métiers et les activités.
À cela s’ajoutent certaines expositions spécifiques : produits phytosanitaires en agriculture ; ciment, peintures, colles, solvants ou encore amiante lors de certaines interventions dans le bâtiment. La fatigue est également à prendre en compte. Lorsqu’elle s’accumule, elle peut diminuer la vigilance, rendre les gestes moins précis et ralentir les réactions. Les fortes chaleurs peuvent encore accentuer ces effets, notamment lors des travaux en extérieur ou des activités physiques soutenues.
La prévention des risques professionnels doit donc tenir compte de la réalité du travail effectué, des équipements utilisés, des chantiers, des saisons et des conditions de travail.
Agriculture et BTP : quelques chiffres à retenir
En 2024, la MSA a recensé 33 843 accidents du travail avec un premier arrêt indemnisé chez les salariés agricoles. Dans le BTP, l’indice de fréquence s’établit à 38,1 accidents du travail pour 1 000 salariés en 2024. Une fréquence environ 44 % supérieure à celle du régime général salariés, tous secteurs confondus, qui atteint 26,4 accidents du travail pour 1 000 salariés.
Ces chiffres rappellent l’importance de la prévention dans ces secteurs.
Des risques différents selon les secteurs et les activités
- En agriculture
Les principaux risques identifiés concernent :
- les machines et engins agricoles ;
- les chutes, glissades et manutentions ;
- les risques liés aux animaux ;
- les déplacements et la circulation des engins ;
- les produits phytosanitaires et produits chimiques ;
- les poussières, le bruit et les vibrations ;
- la chaleur, le froid et les intempéries ;
- la fatigue et les contraintes physiques.
- Dans le bâtiment
Les salariés peuvent notamment être exposés :
- aux chutes de hauteur et de plain-pied ;
- aux machines, outils et équipements ;
- aux manutentions, heurts et écrasements ;
- à la circulation des engins et véhicules ;
- au ciment, aux peintures, colles, solvants et produits chimiques ;
- aux poussières, au bruit et aux vibrations ;
- à la chaleur, au froid et aux intempéries ;
- à la fatigue et aux contraintes physiques.
Quels sont les principaux enjeux pour l’employeur ?
- Connaître les risques pour mieux les prévenir
Les risques évoluent selon les métiers, les équipements utilisés, les chantiers, les saisons ou encore les conditions de travail.
Leur évaluation doit donc correspondre au travail réellement effectué.
L’objectif : disposer d’une vision actualisée des risques et définir les priorités de prévention dans le cadre du DUERP.
- Réduire l’exposition aux dangers
Tous les risques n’ont pas les mêmes conséquences.
Certains dangers peuvent provoquer un accident immédiat : chute, machine, engin ou manutention. D’autres peuvent affecter progressivement la santé : produits phytosanitaires, agents chimiques, poussières, bruit ou vibrations.
L’objectif : agir le plus en amont possible pour supprimer le danger lorsque cela est possible ou, à défaut, réduire l’exposition des salariés.
- Préserver les capacités physiques et la vigilance
Efforts physiques, gestes répétitifs, postures contraignantes, rythmes soutenus ou longues journées peuvent favoriser la fatigue.
Les fortes chaleurs peuvent accentuer ces contraintes, notamment lorsque les activités physiques sont réalisées en extérieur.
L’objectif : adapter les conditions et l’organisation du travail afin de limiter la fatigue et de préserver la vigilance des salariés.
- Faire de la prévention une démarche collective
Les salariés ont aussi un rôle à jouer dans la prévention.
Leur connaissance du terrain permet de repérer des difficultés, des situations dangereuses ou des presque-accidents qui ne sont pas toujours visibles autrement.
L’objectif : développer le dialogue, la formation et le partage des bonnes pratiques pour installer durablement une culture de prévention.
Quelles actions mettre en place pour prévenir les risques professionnels ?
La prévention passe d’abord par une démarche structurée : élaborer et mettre à jour le DUERP, construire un plan d’action, en assurer le suivi et réévaluer les risques lorsqu’un changement d’activité, d’équipement ou d’organisation intervient.
Elle concerne également directement le travail et les équipements : entretien et vérification des machines, outils, engins et dispositifs de sécurité, organisation des circulations ou encore mise en place d’aides à la manutention.
Autre point important : maîtriser les expositions professionnelles. Cela peut passer par l’organisation de la consultation des FDS, la substitution des produits dangereux lorsque cela est possible, la réduction des poussières à la source ou la mise à disposition d’EPI adaptés.
L’organisation du travail a également son importance. Anticiper les périodes de forte activité et les épisodes de chaleur, adapter les horaires et les tâches lorsque cela est possible, prévoir des temps de récupération, mettre de l’eau à disposition et organiser des pauses font partie des mesures identifiées.
Informer et former les salariés
Depuis 2025, certaines entreprises de 11 à 49 salariés rentables sont soumises à une obligation de mise en place d’un dispositif de partage de la valeur. Pour ces entreprises, la PPV peut permettre de répondre à cette obligation. La période actuelle présente donc un double intérêt :
- respecter, le cas échéant, une obligation légale ;
- bénéficier du régime de faveur encore applicable jusqu’au 31 décembre 2026.
Les consignes et les équipements ne sont efficaces que s’ils sont connus, compris et correctement utilisés.
Cela passe notamment par un accueil sécurité à chaque embauche, la formation à l’utilisation des machines et produits ainsi qu’à l’utilisation des EPI, mais aussi par une sensibilisation aux règles de fonctionnement et de circulation.
Les EPI doivent être adaptés et leur bonne utilisation vérifiée.
Les actions sont ensuite à adapter aux réalités de chaque secteur : engins, produits phytosanitaires et risques liés aux animaux en agriculture ; travail en hauteur, outils et engins, coactivité et risques spécifiques du chantier dans le bâtiment.
Tirer les enseignements des incidents et accidents
La prévention passe enfin par l’analyse des événements survenus dans l’entreprise. Encourager la remontée des presque-accidents, analyser les accidents, en rechercher les causes, définir des actions correctives et vérifier leur efficacité permettent d’identifier les situations à risque et d’éviter qu’elles ne se reproduisent. Là encore, cette analyse doit tenir compte des spécificités de l’activité.
Comment BIZ RH peut vous accompagner ?
BIZ RH vous accompagne dans l’évaluation de vos risques professionnels, l’élaboration ou la mise à jour de votre DUERP ainsi que les actions de sensibilisation de vos équipes, en tenant compte des spécificités de votre activité.